Adopter une attitude critique vis-à-vis des conduites addictives - Prévention Santé Environnement - Seconde PRO

Adopter une attitude critique vis-à-vis des conduites addictives - Prévention Santé Environnement - Seconde PRO

digiSchool Bac PRO met à votre disposition ce cours de PSE niveau Seconde Professionnelle, rédigé par notre professeur, consacré au chapitre "Adopter une attitude critique vis-à-vis des conduites addictives".

Vous verrez tout d'abord les définitions d'une substance psychoactive et de la dépendance, avant de vous intéresser à la prévention des infections sexuellement transmissibles. Vous aborderez alors les différents facteurs de prise de risque, puis le phénomène d'addiction. Vous étudierez également les différentes addictions, c'est-à-dire l'addiction avec produit (tabac, alcool, médicaments, drogues...) et l'addiction sans produit (jeux d'argent, téléphone...). Vous verrez alors les effets des substances psychoactives, les dangers de la polyconsommation, ainsi que les mesures de prévention individuelles.

Téléchargez gratuitement ce cours de Prévention Santé Environnement ci-dessous sur le chapitre "Adopter une attitude critique vis-à-vis des conduites addictives" !

Adopter une attitude critique vis-à-vis des conduites addictives - Prévention Santé Environnement - Seconde PRO

Le contenu du document


CE QU’IL FAUT SAVOIR

Définition d’une substance psychoactive : produit naturel ou de synthèse qui agit sur le psychisme en modifiant son fonctionnement, et qui peut entraîner des changements dans les perceptions, l’humeur, la conscience et le comportement.

Définition de la dépendance : l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de celui-ci en dépit de la connaissance des conséquences négatives (dépendance et accoutumance).


PREVENIR LES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES

En France et dans le monde en général, les addictions restent un problème de santé public majeur, dont les impacts sont multiples, sanitaires, médicaux et sociaux. 

Les conduites addictives, notamment les abus d’alcool et les substances psychoactives, sont responsable de 30 % de mortalité précoce (soit avant 65 ans). On estime que 30 % des jeunes de 17 ans ont déjà consommé de l’alcool et du cannabis simultanément et qu’à 17 ans, un adolescent sur cinq consomme du cannabis plus de dix fois dans l’année. 

En effet la période de 15 à 25 ans est la plus propice à l’expérimentation et cette tranche d’âge tombe souvent dans la dépendance.


LES DIFFERENTS FACTEURS DE PRISE DE RISQUE

De nombreuses raisons peuvent conduire un individu à devenir dépendant de certains produits.

Soit il va rechercher de nouvelles émotions au travers d’expériences qui peuvent être des comportements à risques au final très dangereux, comme la consommation de substances licites ou illicites. En effet le manque de confiance en soi ou la peur d’être rejeté peuvent être une des causes.

Soit aussi il va rechercher à faire face à un environnement difficile, comme un travail pénible, une surcharge de travail ou un stress.


LE PHENOMENE D’ADDICTION

Mais comment devient-on dépendant ?


LE CIRCUIT DE LA RECOMPENSE

Le cerveau est composé de milliards de neurones qui forment des circuits spécialisés, dont le circuit de la récompense. Il a pour rôle de « récompenser » les fonctions vitales, comme se nourrir ou se reproduire, par une sensation agréable. Et cette sensation de plaisir est obtenue par la production de substances, la dopamine, la sérotonine, l’acétylcholine… qui vont circuler entre les neurones sous forme d’activité électrique, appelée influx nerveux au niveau des synapses, c’est-à-dire la zone d’échange d’informations. C’est sur ce processus qu’agissent les substances psychoactives. Le cerveau enregistre ce phénomène de plaisir, ce qui provoque un état de dépendance.

Ainsi lorsque le circuit de la récompense n’est plus stimulé, la personne souffre. On dit alors qu’elle est en état de manque, et c’est cet état qui la pousse à consommer.


LA DEPENDANCE

La consommation peut conduire à la dépendance : situation dans laquelle se trouve la personne qui ne peut plus se passer du produit sans ressentir un état de manque. La dépendance, c’est donc l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de celui-ci en dépit de la connaissance des conséquences négatives.

Le passage de l’usage simple à l’usage nocif ou de l’usage nocif à la dépendance n’est souvent pas perçu par le consommateur qui pense maîtriser sa consommation.

On peut donc devenir dépendant d’un produit ou d’une conduite sans s’en rendre compte.


LES DIFFERENTES ADDICTIONS

On trouve deux formes d’addiction : soir une addiction avec produit, soit une addiction sans produit.

Et on distingue également les substances psychoactives licites (autorisées) comme le tabac, l’alcool, les médicaments des illicites (interdites) : les drogues. 


ADDICTION AVEC PRODUIT

On parle de substance psychoactive : produit naturel ou de synthèse qui agit sur le psychisme en modifiant son fonctionnement, et qui peut entraîner des changements dans les perceptions, l’humeur, la conscience et le comportement.

  • Le tabac

 

Il entraîne une forte dépendance, un essoufflement lors d’activités physiques puis des maladies telles que bronchites chroniques, cancers divers (poumon, gorge, bouche, lèvres, pancréas, reins, vessie, utérus, œsophage - quand tabac associé à l’alcool - et appareil respiratoire, maladies cardio-vasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artérite des membres inférieurs, anévrismes, hypertension artérielle. 

Bien d’autres maladies peuvent être aggravées par le tabagisme. Cela va des gastrites aux eczémas et à la dégénérescence maculaire qui conduit à la cécité en passant par les ulcères et le diabète.

En outre, fumer pendant la grossesse comporte de multiples risques, non seulement pour la grossesse mais aussi pour le développement du fœtus.


  • L’alcool

 

L’alcool est une drogue car il peut créer une dépendance physique en cas de consommation excessive. A faible dose, l’alcool se comporte comme un sédatif et entraîne détente, euphorie, levée des inhibitions, endormissement. Mais à forte dose même occasionnelle, l’alcool peut entraîner un état d’ivresse. Et quand il est consommé de façon répétée et régulière, les conséquences peuvent être gravissimes :

- détérioration grave de la santé physique (cirrhoses, maladies neurologiques, cancers ; chez les femmes enceintes, risques pour le fœtus) et mentale (démences, etc.),

- détérioration des liens familiaux, sociaux et professionnels.


  • Les médicaments

 

S’ils commencent par apaiser, détendre et aider à dormir, ils provoquent à terme des pertes de mémoire, une baisse de la vigilance et une diminution des réflexes, ce qui peut conduire à des accidents.


  • Les drogues

 

Il en existe de différentes sortes ; on distingue trois groupes : les psychostimulants, la hallucinogènes, le cannabis et les opiacés.


Les psychostimulants

Ces sont les amphétamines, la cocaïne et l’ecstasy.

Les amphétamines sont utilisées comme médicaments pour traiter la narcolepsie, les troubles de l’attention (hyperactivité) ou l’obésité, ce sont des stimulants qui augmentent la fréquence cardiaque et la pression artérielle et diminuent l’appétit. Certains types comme le « speed » sont illégaux, la forme la plus puissante est la méthamphétamine appelée « crystal », « crystal-met », « ice » ou « yaba ». Elles engendrent une forte dépendance psychique.

La cocaïne procure une sensation de puissances intellectuelle et physique ainsi qu’une résistance à la fatigue et à la douleur. Mais ces effets ne durent pas plus d’un demi-heure et s’ensuit souvent une sensation d’épuisement et d’anxiété. Cela peut même conduire à des troubles cardiovasculaires et à des troubles neuropsychiques tels que des délires, un état dépressif, des troubles du caractère et la paranoïa. C’est l’une des drogues les plus addictives.

Quand elle est « sniffée », elle détériore la cloison nasale ; le partage de « pailles » ou de seringues entre utilisateurs peut transmettre les virus des hépatites et du sida. Utilisée par une femme enceinte, elle peut être à l’origine de malformations du fœtus.

L’ecstasy est une molécule de la famille chimique des amphétamines qui combine certains des effets des stimulants et des hallucinogènes : une sensation d’énergie, la suppression des inhibitions, l’euphorie, la sensation de bien-être et de plaisir. Mais elle conduit aussi à une sensation d’angoisse et à l’incapacité totale à communiquer ainsi que des nausées, sueurs et maux de têtes. Elle peut conduire à une déshydratation qui peut être mortelle et à des troubles neuropsychiatriques (angoisses, hallucinations), digestifs et cardiaques. Une dépendance psychique peut s’installer et des dépressions graves survenir.


Les hallucinogènes

On distingue les hallucinogènes synthétiques (LSD et Kétamine) des hallucinogènes naturels (champignons). L’ergot, le champignon du groupe des ascomycètes, produit de l’acide lysergique. Le LSD est une substance de synthèse fabriquée à partir de cet acide. De fort pouvoir hallucinogène (avec des hallucinations visuelles ou auditives), ses effets sont longs et peuvent même aller jusqu’à quelques jours. On dit qu’il modifie les sens ; on voit des bruits et on entend des couleurs ; on perd ainsi totalement le sens des réalités.


Le cannabis

Ses effets peuvent être variables. Cela peut aller d’une légère euphorie ou sentiment d’apaisement et légère somnolence à une forte perturbation de la perception du temps, de la vue, de la mémoire immédiate et à des troubles psychiques dans les cas les plus sérieux. Ces effets sont dangereux si l’on conduit un véhicule.

L’appareil respiratoire est exposé quand le joint est un mélange de tabac et de cannabis et les risques sont amplifiés en cas d’inhalation (pipes à eau, « douilles »). 

Les conséquences sont multiples : difficultés scolaires (problèmes de concentration en cours), dépendance psychique (préoccupations sur l’obtention du produit), risques sociaux liés aux contacts avec des circuits illicites.


Les opiacés

Ce sont la morphine et l’héroïne

La morphine, dont l’un des composants est issu du pavot, est un médicament antidouleur. Prise à forte doses, elle conduit à une dépendance physique et psychique.

L’héroïne provoque des « flash » qui conduisent à une très forte dépendance. Des troubles divers apparaissent telles que des douleurs variées et des problèmes digestifs. Le risque de SIDA est augmenté avec l’usage des seringues et la mort est fréquente, par overdose.


Autres

Les poppers sont des vasodilatateurs qui permettent au sang d’arriver plus rapidement au cœur. Inhalés, ils augmentent l’excitation sexuelle et donnent un sentiment d’euphorie et d’ivresse passagère. Des troubles peuvent apparaitre comme des vertiges, des maux de tête, des problèmes d’érection et d’intoxication grave en cas de consommation répétée et à forte dose.

Le GHB (Gamma OH) est ce que l’on appelle la drogue du violeur. Utilisé à la base par la médecine, son usage est parfois détourné. Vendu sous forme liquide et quelquefois sous forme de poudre, s’il procure au départ une vive euphorie et une augmentation de la libido, il peut conduire au coma.

Les colles et autres solvants sont aussi détournés de leur usage par les toxicomanes qui les « sniffent ». Mais cela peut provoquer de graves lésions irréversibles et se terminer par la mort.


ADDICTION SANS PRODUIT

  • Les jeux d’argent et de hasard et les jeux vidéo

 

En France environ 45 % des 18-24 ans ont déclaré avoir joué au moins une fois dans l’année à un jeu d’argent. Parmi eux, 10% ont une pratique hebdomadaire et 90% jouent moins d’une fois par semaine (source INPES).

Les pronostics arrivent en tête (paris hippiques…) suivis par le poker et les tirages.

Cela devient pathologique (c’est-à-dire maladif) quand c’est une préoccupation permanente qui conduit à une prise de risque excessive, quand la personne retourne jouer pour tenter de gagner l’argent perdu, quand c’est un moyen de fuir ses problèmes personnels ou encore lorsque le joueur se met à commettre des vols pour rembourser ses dettes.


  • Le téléphone

 

Cette addiction porte un nom : la nomophobie, qui est la peur d’être séparé de son téléphone. On voit apparaître des symptômes d’anxiété voire de phobie. Dans les cas les plus graves, cela peut conduire à un repli sur soi et à l’autisme. 

Il est donc conseillé de se désensibiliser en essayant de le fermer plusieurs fois par jour, pendant 15 minutes au début puis par périodes d’une heure. Enfin, il faut essayer de ne pas le consulter en présence d’autres personnes.


  • Le travail (workaholisme)

 

Si une personne travaille douze heures par jour sans y être contrainte et qu’elle n’arrive à se détendre complètement nulle part, elle est sans doute ce que l’on appelle « workaholic ». Les manifestations de ce syndrome sont diverses et sont souvent repérées trop tardivement par les médecins, que lorsque la personne tombe en dépression ou fait un « burn out », un épuisement professionnel.

Parmi les premières manifestions on rencontre des maux de tête, une grosse fatigue, des troubles du sommeil, du stress et même de l’hypertension. Ensuite le sujet a envie de travailler en permanence et est en état de manque quand il ne travaille pas.

Les nouvelles technologies telles que téléphone portable et ordinateur participent à ce problème. Les répercutions sont graves, telles que la prise de drogues afin de tenir le rythme, des conflits familiaux menant parfois au divorce.

On demande maintenant de plus en plus aux entreprises de faire de la prévention et de combattre le présentéisme.


LES EFFETS DE DIFFERENTES SUBSTANCES PSYCHOACTIVES

Nous avons vu que les effets variaient selon les produits utilisés mais aussi selon l’usage qui en était fait. Globalement on trouve des troubles psychologiques et des troubles sociaux.


LES TROUBLES PHYSIOLOGIQUES

Ils touchent les principaux organes des appareils cardiovasculaires, respiratoire et digestif comme l’hypertension, les accidents cardiaques, les cancers, la diminution de la capacité respiratoire, la cirrhose du foie, etc.


LES TROUBLES SOCIAUX

Toute consommation de substances psychoactives induit un risque social, qui peut être ponctuel ou durable selon la quantité consommée et le niveau de dépendance. 

Cela peut aller de l’échec scolaire, professionnel ou encore familial jusqu’à même l’isolement voire la marginalisation et l’exclusion sociale. Cela peut aussi conduire à des violences et des accidents.


LES DANGERS DE LA POLYCONSOMMATION

La polyconsommation désigne le fait de consommer simultanément plusieurs produits psychoactifs.

Les effets des produits sont alors amplifiés et les risques sont plus graves pour la santé car les effets des produits s’ajoutent. Le risque d’accident est multiplié par 15 et le risque de dépendance plus fort.


LES MESURES DE PREVENTION INDIVIDUELLES

Selon les cas, voici un éventail des mesures possibles :

- Proposer des boissons non alcoolisées

- Prévoir de quoi manger afin de ne pas être à jeun

- Désigner un capitaine de soirée ou se faire raccompagner par des parents

- Interdire la consommation de substances illicites et être ferme avec les invités qui ne respectent pas la consigne 

- Utiliser un éthylotest ou un éthylomètre pour savoir s’il peut prendre le volant (< 0,5 gramme par litre).

- Prévoir une présence adulte

- Fumer à l’extérieur, prévoir des cendriers extérieurs

- Trier ses invités et leur passer la consigne de ne pas inviter d’autres personnes (attention aux invitations sur Facebook qui risquent de déborder)

- Dormir sur place

- Avoir des règles de vie, des objectifs

- Faire du sport

- Partir en cure de désintoxication

- Déterminer les temps de jeu pour les jeunes adolescents

- Installer un logiciel de contrôle parental

- Evaluer le contenu des jeux vidéo grâce à la norme PEGI 20

- Rester présent et attentif en tant que parent

- En parler au médecin ou toute autre personne de confiance

- Consulter une structure d’aide

- Téléphoner aux numéros spécialisés.


CONCLUSION

Un espoir apparait concernant la gestion des addictions. En effet, en août 2015, des chercheurs ont identifié un neurotransmetteur, le glutamate, qui régulerait l’addiction, en contrôlant la libération de dopamine. De nouvelles perspectives sont donc envisagées et il reste donc certaines recherches à faire afin de mettre au point des traitements médicaux.

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