La permanence des mythes - Bac Blanc de Français - Bac PRO

La permanence des mythes - Bac Blanc de Français - Bac PRO

Nous mettons à votre disposition ce Bac Blanc de Français pour le Bac PRO ainsi que son corrigé consacré au thème "La permanence des mythes".

Ce sujet d'entrainement au Bac de français du Baccalauréat Professionnel vous permettra d'évaluer vos connaissances et de vous mettre en conditions réelles d'examen. Tout comme le vrai Bac de français du Bac Pro, vous devrez répondre à 3 questions en rapport avec un corpus de documents, puis vous devrez faire un travail d'écriture.

Téléchargez gratuitement ce Bac Blanc de Français pour le Bac Pro ci-dessous sur la permanence des mythes !

La permanence des mythes - Bac Blanc de Français - Bac PRO

Le contenu du document


DOCUMENT 1 : ŒDIPE VU PAR COCTEAU, EXTRAIT DE LA MACHINE INFERNALE

La machine infernale est une pièce de théâtre représentée en 1934 qui tire son origine de la tragédie d’Œdipe, roi de Sophocle (430 av. J.C.), elle s’ouvre sur le récit mythique d’Œdipe. 

La voix

« Il tuera son père. Il épousera sa mère. »

Pour déjouer cet oracle  d’Apollon, Jocaste, reine de Thèbes abandonne son fils, les pieds troués et liés sur la montagne. Un berger de Corinthe trouve le nourrisson et le porte à Polybe. Polybe et Mérope, roi et reine de Corinthe, se lamentaient d’une couche stérile . L’enfant respecté des ours et des louves, Œdipe, ou « pieds percés », leur tombe du ciel. Ils l’adoptent. 

Jeune homme, Œdipe interroge l’oracle de Delphes. Le dieu parle : tu assassineras ton père et tu épouseras ta mère. Donc il faut fuir Polybe et Mérope. La crainte du parricide  et de l’inceste  le jette vers son destin. Un soir de voyage, au carrefour où les chemins de Delphes et de Daulie se croisent, il rencontre une escorte. Un cheval le bouscule ; il riposte par un coup de bâton. Le coup se trompe d’adresse et assomme le maître. Ce vieillard mort est laïus, roi de Thèbes. Et voici le parricide. L’escorte craignant une embuscade a pris le large. Œdipe ne se doute de rien ; il passe. Au reste, il est jeune, enthousiaste ; il a vite oublié cet accident. Pendant une de ses haltes, on lui raconte le fléau  du Sphinx. Le Sphinx, « la jeune fille ailée », « la chienne qui chante », décime la jeunesse de Thèbes. Ce monstre pose une devinette et tue ceux qui ne devinent pas. La reine Jocaste, veuve de Laïus, offre sa main et sa couronne au vainqueur du sphinx […]. Œdipe se hâte. La curiosité et l’ambition le dévorent. La rencontre a lieu. De quelle nature, cette rencontre ? Mystère. Toujours est-il que le jeune Œdipe entre dans Thèbes et épouse la reine. Et voilà l’inceste […] .

Avec son écharpe rouge, Jocaste se pend. Avec la broche d’or de la femme pendue, Œdipe se crève les yeux. Regarde spectateur, remonté à bloc, une des plus parfaites machines construites par des dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel.

Jean Cocteau, La machine infernale, 1934


DOCUMENT 2 : LE COMPLEXE D’ŒDIPE, UN DES FONDAMENTAUX DE LA PSYCHANALYSE

Sigmund Freud qui posa les bases de la psychanalyse au début du XXème siècle, observa des signes du complexe d’Œdipe dès la petite enfance. 

On voit facilement que le petit homme veut avoir sa mère pour lui tout seul, qu’il ressent la présence du père comme perturbante, qu’il se fâche quand celui-ci se permet des gestes de tendresse vis-à-vis de la mère, qu’il exprime son contentement quand le père part en voyage ou est absent. Souvent il exprime ses sentiments directement par des mots, promet à sa mère qu’il l’épousera.

Sigmund Freud, Conférences d’introduction à la psychanalyse, 1915


Question 1 : 3pts

Présentez le corpus documentaire en cinq lignes


Question 2 : 3pts

En quoi la situation d’Œdipe est-elle tragique ?


Question 3 : 4pts

Expliquez le lien entre la légende d’Œdipe et ce que l’on appelle le complexe d’Œdipe. 


Travail d’écriture   10pts

Ecrivez la partie qui manque dans le premier texte, juste après « et voilà pour l’inceste » (note de bas de page n°6). Vous devez donc décrire la scène quand la mère biologique découvre que son amant n’est autre que son fils qu’elle a abandonné à la naissance. Vous respecterez le style du mythe, il faut donc que ce récit apporte une leçon au lecteur en lui instruisant une valeur de la société. (30 lignes minimum). 


CORRECTION

Question 1 : 3pts

Présentez le corpus documentaire en cinq lignes

Le corpus documentaire est composé de deux textes. Le premier est un extrait de la pièce de théâtre La Machine infernale, écrite par Jean Cocteau. Le deuxième est un écrit sur la psychologie, signé Freud, le père de la psychologie moderne née au début du XXème siècle. Cocteau écrit dans une période tourmentée, l’avant Deuxième-Guerre-Mondiale. Le mythe d’Œdipe et sa persistance est au centre de ce dossier. 


Question 2 : 3pts

En quoi la situation d’Œdipe est-elle tragique ?

Cocteau commence son texte par une sentence : « Il tuera son père. Il épousera sa mère ». La prophétie plombe d’entrée le mythe, tout le tragique de la situation est résumé dans cet en-tête. Jean Cocteau continue à approfondir le côté sombre de l’histoire par des phrases nominales comme ligne 15 « Et voilà l’inceste ». La phrase nominale donne un aspect de rapidité, une accélération dans la narration. Le sort est scellé, impossible de faire autrement. Le tragique est alors dans cette situation : nous ne pouvons faire autrement ! 

Le mythe d’Œdipe est foncièrement tragique car le jeune homme se donne les moyens d’éviter la catastrophe puisqu’il abandonne ses parents (adoptifs mais qu’il pense biologiques). Le lecteur comprend que le jeune guerrier courre à la catastrophe quand il tue son père sans s’apercevoir du parricide. Le départ du foyer enfantin est la cause des monstruosités qui vont avoir lieu. C’est du théâtre tragique comme cela se faisait dans l’Antiquité. La tragédie va encore plus loin que cela car une fois l’inceste réalisé, Jocaste, la mère d’Œdipe, va se tuer. Il choisit de ne plus voir le monde tel qu’il est : il se repentit dans la cécité.  


Question 3 : 4pts

Expliquez le lien entre la légende d’Œdipe et ce que l’on appelle le complexe d’Œdipe. 

Freud reprend ce mythe pour expliquer l’amour d’un petit garçon envers sa mère. Freud place le sentiment de la jalousie au cœur de la relation triangulaire enfant-père-mère. Le garçon veut sa maman pour lui tout seul. Comme la société n’a pas encore eu le temps de lui apprendre les sentiments, il exprime l’amour envers sa mère de façon classique. En aucun cas il ne pense que c’est immoral. Il aime sa maman, tout simplement. C’est la société qui va lui apprendre que l’amour d’une mère n’est pas le même amour qu’envers une maîtresse charnelle. L’histoire d’Œdipe colle parfaitement à ce sentiment d’amour interdit, non-dit. Il tombe sincèrement amoureux de Jocaste après avoir tué son père mais il ne sait en aucun cas que c’est son père en encore moins qu’elle est sa mère. Il tombe amoureux. Aujourd’hui, nous pourrions rapprocher ce phénomène aux cougars. La recherche de la sécurité dans la relation amoureuse, l’envie de découvertes de l’expérience fait que les jeunes peuvent être attirés par les plus anciennes. Ce même sentiment existe chez l’enfant envers sa mère, selon Freud. 


Travail d’écriture 10pts

Ecrivez la partie qui manque dans le premier texte, juste après « et voilà pour l’inceste » (note de bas de page n°6). Vous devez donc décrire la scène quand la mère biologique découvre que son amant n’est autre que son fils qu’elle a abandonné à la naissance. Vous respecterez le style du mythe, il faut donc que ce récit apporte une leçon au lecteur en lui instruisant une valeur de la société. (30 lignes minimum). 

Plusieurs choix sont possibles. Cette correction n’est qu’une possibilité, en aucun cas elle est la meilleure ou celle attendue.

« Et voilà l’inceste.

Jocaste vient de passer une nuit aimante et passionnée. Œdipe est un dieu. Elle a aimé tous ces moments de plaisirs charnels. Elle a retrouvé le goût de la vie. Elle a retrouvé la puissance de la jeunesse. Le matin est agréable, elle se réveille sagement aux côtés du bel esthète qu’est Œdipe. Il est encore endormi. Elle le trouve beau, beau comme un enfant. C’est un enfant. Il est si jeune, et elle si vieille. Elle se lamente de son physique, elle admire le corps de son jeune amant. Elle longe ses jambes, parfaitement sculptées. Il est vraiment beau. Les draps cachent ses pieds. Elle a envie de découvrir ses pieds. Ils doivent être merveilleux, comme ceux des dieux. Elle retire tout doucement les draps pour ne pas le réveiller. Sa peau est scintillante. Le lin tombe, des trous apparaissent. 

Choc. Incompréhension. 

Horreur. Malheur.

Vomissement. Tourment. 

Quelle est cette chose ? Pourquoi a-t’ il des trous sur ses pieds ? Le passé l’envahit. Elle a peur. Ce ne peut pas être cela. Impossible. Impensable. Il doit y avoir une explication. 

Elle secoue violemment le jeune homme, afin qu’il se réveille. Œdipe lui demande tout doucement, gentiment, pourquoi un tel réveil. Elle l’assène de questions. Pourquoi ces trous ? Qui est-il vraiment ? D’où vient-il ? Que veut-il ? Est-il la volonté des dieux ? 

Il ne comprend pas vraiment ce coup de théâtre. Il lui dit qu’il est né avec ces trous. C’est sa marque de fabrique lui ont dit ses parents. Elle n’en croit rien. Elle veut de vraies explications. Malheureusement, Œdipe ne peut lui fournir d’autre explication. Elle le prend dans ses bras. 

« Ce sera la dernière de nos étreintes. Mais ne la prends pas comme celle d’une amante, mais comme celle d’une mère ». 

Œdipe ne sait plus rien il est perdu, désorienté, désappointé. 

« Je vais te conter mon histoire. Il y a plusieurs années, j’ai eu un enfant maudit. Les dieux me l’avaient présenté comme tel. Il devait tuer son père et coucher avec sa mère. J’ai choisi de m’en débarrasser. Le cœur déchiré, j’ai demandé à ce qu’il soit cloué sur la montagne, le laissant ainsi à l’appétit des bêtes. Le garde responsable m’a juré avoir accompli ce meurtre. Il me raconta qu’il le cloua par les pieds, deux trous au centre de la voute plantaire. J’ai continué de vivre avec cette croyance : mon fils diabolique était mort. Cette dure épreuve était finie et devait représenter mon passé. Je crois que tu as compris ». 

Œdipe, est blême, il ne peut plus bouger. Il est paralysé. Il vient de commettre l’horreur, l’inceste tel que les dieux lui avaient prédit. Il ne voulait pas, il est prisonnier de son destin. Il se lève doucement du lit et se dirige vers le balcon. Il embrasse du regard la ville, le royaume et se dit qu’il sera maudit à jamais. Il s’accroupit et pleure. Il pleure, pleure et pleure durant des heures. Au bout d’un temps interminable, il retourne dans la chambre pour affronter son atrocité. Il découvre Jocaste, belle, immobile, flottant dans les airs. Elle pend, les lèvres serrées, comme coupable d’un crime dont elle était innocente ». 

Fin de l'extrait

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