La parole en spectacle - Français - Terminale PRO

La parole en spectacle - Français - Terminale PRO

Consultez gratuitement ce cours de français gratuit niveau Terminale PRO, rédigé par notre professeur, sur le thème "La parole en spectacle".

La première partie de ce cours est composée de définitions : littérature, langage, image. Vous étudierez ensuite la parole en image, à savoir l'illustration littéraire. Enfin, vous vous intéresserez au passage du livre à l'écran d'une oeuvre. Pour illustrer ses propos, notre professeur utilise l'oeuvre de Raymond Queneau : Zazie dans le métro.

Téléchargez gratuitement ce cours de français pour le Bac PRO ci-dessous sur la parole en spectacle !

Document rédigé par un prof La parole en spectacle - Français - Terminale PRO

Le contenu du document


La littérature a toujours été un moyen d'expression pour les auteurs et une façon, pour le lecteur, de laisser son imagination vagabonder et se développer au travers de représentations mentales. Ce que nous lisons se transforme en images ; images qui ont pris vie avec le théâtre, le dessin, mais aussi le cinéma.


QUELQUES DEFINITIONS

Chaque terme peut avoir différentes définitions selon le contexte et la manière dont on le perçoit. Voici, de manière générale, comment définir les notions de littérature, de langage et d'image.


LA LITTERATURE

C'est l'ensemble des œuvres écrites dont se dégage une finalité esthétique. On peut définir le texte littéraire comme un écrit de fiction tiré de l'imagination d'un auteur et basé ou non sur des faits réels. C'est également une production manuscrite, un mode d'expression et d'échanges pour l'homme de lettres.


LE LANGAGE

Le langage est un moyen d'expression qui revêt tous les visages : verbal, symbolique, imagé, gestuel...


L'IMAGE

C'est une représentation ou une production graphique et visuelle. Elle peut être mentale, illustrée, symbolique... Image, dessin, peinture, court ou long métrage, l'image prend et donne vie, notamment à un texte écrit.


LA PAROLE EN IMAGES

Moyen d'expression par excellence, la littérature est, avant tout une suite de mots et de phrases formant un récit. Un simple texte dépourvu d'images n'a jamais empêché l'esprit et l'imagination de "matérialiser" les personnages d'un livre. Toutefois, au fil du temps et des modes, sont apparues les illustrations, sorte de faire-valoir de l'écrit permettant de mettre un visage sur les mots.


L'ILLUSTRATION LITTERAIRE

Les termes d'"illustration littéraire" sont nés d'un concept du romancier, poète et dramaturge français Raymond Queneau (1903-1976), lorsqu'il publie, en 1933, son roman Le Chiendent.

Maître ès littérature, Raymond Queneau est un auteur qui révolutionna le genre littéraire en jouant avec les mots.

En 1960, il fonde une association avec le mathématicien François Le Lionnais (1901-1984): l'Oulipo (l'Ouvroir de littérature Potentielle) - groupe international de littéraires et de mathématiciens.

Le grand projet de Queneau réside dans le rapprochement des langages écrit et parlé. Autrement dit, il crée le "néo-français", procédé caractérisé par une syntaxe et un vocabulaire tirés de l'oralité, additionnés d'une orthographe phonétique. Malgré un accueil mitigé par les professionnels de l'écriture, il applique sa "méthode" en 1959, en écrivant Zazie dans le métro, une manière de mettre ses paroles en spectacle.


UNE ŒUVRE HORS NORMES

Zazie dans le métro, œuvre burlesque et parodique de Monsieur Queneau fit de l'auteur un écrivain populaire à succès.

Ce livre fut une véritable révolution littéraire dans bien des domaines : un ton libéré et tonique, des thèmes abordés ou suggérés, telle l'homosexualité, peu populaire en ce milieu de XXème siècle, des jeux de mots et un vocabulaire typiques du néo-français créé par Queneau, qui définit lui-même l'écriture et le langage comme un champ d'expérimentation.

La liberté de ton a donné à Zazie toute sa dimension. Dès le début du roman, nous sommes immergés dans un monde à part : « Doukipudonktan ».


QUELQUES EXEMPLES

Voici quelques exemples de ce que contient le roman de Queneau et de ce qui en fait une œuvre à part entière et différente.

- Un vocabulaire fleuri, des incorrections grammaticales et des graphies amusantes :

« Jm'en fous. (...) Sacrebleu, merde alors. » ;

« Izont des bloudjinnzes (...) » ;

« Pour faire chier les mômes. Ceux qu'auront mon âge, dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans, dans cent ans, dans mille ans, toujours des gosses à emmerder. » ;

- des langues étrangères : « My gretchen lady » ;

- des répliques désobligeantes : « Espèce de con ».


L'exemple de Queneau - bien que probant - n'en est qu'un parmi d'autres, lorsqu'on parle d'illustration dans la littérature. En effet, les époques et les genres ont vu l'écrit prendre vie avec des images, des dessins, la photographie, le roman-photo ou encore le 7ème art : le cinéma.


DU LIVRE A L'ECRAN

Reprenons le livre de Raymond Queneau pour illustrer le développement de la littérature en images. La parole d'un auteur devient alors un spectacle à part entière où les mots deviennent ''visibles''.


DE NOMBREUSES ADAPTATIONS

Lors de la sortie du livre Zazie dans le métro, ce fut un tel succès que cela attira beaucoup de monde, notamment des metteurs en scène. La popularité de l’œuvre littéraire a conduit à de nombreuses adaptations "visuelles".

  • Au théâtre :

Zazie dans le métro, au théâtre, Évelyne Levasseur, 1988 ;

Zazie, pièce de théâtre musicale, au Théâtre du Châtelet, 2012 ;

  • En bande dessinée, de Clément Oubrerie (1966), 2008 ;
  • Au cinéma, Zazie dans le métro de Louis Malle (1932-1995), 1960.

Malgré un accueil en demi-teinte de la part du public, l’œuvre cinématographique reste l'exemple le plus révélateur et le plus probant pour faire le rapport entre paroles et spectacle.


ADAPTER L'INADAPTABLE

Convertir une œuvre littéraire en production cinématographique est un projet empli de contraintes et d'obstacles. Il est, dans ce cas, plus question d'une adaptation plus ou moins fidèle d'un écrit.

De par son originalité - en grande partie due au langage - le roman de Queneau était réputé inadaptable et inadapté au cinéma.

L'un des soucis majeurs était la perte d'un langage hors du commun à reproduire à l'écran et qui avait fait la popularité du livre et surtout son identité culturelle.

Louis Malle (pour rappel : 1932-1995) souhaite toutefois relever le défi malgré les nombreuses difficultés d'adaptation et les mentalités de l'époque. Aborder l'homosexualité, employer des mots étrangers ou encore parler un langage cru au cinéma relevaient de l'innovation et allait créer une petite révolution qu'un public, même averti, n'était peut-être pas prêt à accepter.

Mais "coller à l'original" reste la préoccupation première du cinéaste, qui a lui-même déclaré : « Zazie nous a donné du fil à retordre parce qu'on cherchait constamment des équivalences à ce que Queneau avait fait avec la littérature ».


RESTER FIDELE A L'ORIGINAL

Comme évoqué précédemment, le cinéaste Louis Malle veut rester fidèle à l’œuvre originale de Raymond Queneau. Dans un souci d’authenticité, il s'est évertué à conserver l'esprit de Zazie dans le métro de diverses manières.


- L'intrigue est la même : une jeune fille, Zazie, vient à Paris pour expérimenter le métro - qu'elle ne verra pas car ce dernier est fermé pour grève - et fait des rencontres divertissantes, parfois étonnantes, souvent amusantes.

- Le langage de Queneau est fidèlement reproduit dans le film.

La jeune fille, à la langue bien pendue, n'hésite pas à reprendre un texte devenu culte pour le public : « Snob, mon cul ! ».

- Les termes qui ont fait le succès du livre sont présents, tel « bloudjinnzes ».

- L'humour reste poésie, la parole est une arme et le verbal devient visuel, avec notamment un comique de gestes récurrent dans le long-métrage.

- On retrouve l'errance dans la ville où l'on découvre Paris en images, les personnages et personnalités décalés et délirants, bien illustrés, par exemple, par l'insolence verbale de Zazie.

- La fidélité de l'adaptation repose aussi sur des caractères communs, comme une fin qui n'en est pas une et ainsi les nombreuses questions qui resteront sans réponses.


QUELQUES DIFFERENCES

La reproduction d'un écrit à l'identique est, malgré tout, impossible. Les difficultés que réclament les procédés de tournage, les mœurs de l'époque peuvent exiger qu'un cinéaste prenne du recul et s'éloigne du texte pour avoir un rendu plus authentique et cohérent, en pensant, entre autres, à la perception qu'en aura le public.

C'est pourquoi Louis Malle a dû prendre quelques libertés dans sa réalisation, notamment pour éviter la censure. On notera donc certains écarts par rapport au livre :

  • un comique, même fidèlement conservé, plus gestuel que verbal ;
  • une sexualité non exploitée chez Zazie, la petite est plus jeune de quatre ans dans le long-métrage.


Raymond Queneau, lui-même, réagit pour dire que l’œuvre de Louis Malle lui appartenait en totalité, en raison des petites différences observées, et que, tout en se reconnaissant, le livre et le film étaient deux œuvres distinctes :

« (...) Il est difficile de faire quelque chose de personnel ; c'est pourtant ce que me semble avoir réussi Louis Malle avec son dernier film Zazie dans le métro. (...) Je vois dans le film une œuvre originale dont l'auteur est Louis Malle, une œuvre à l'insolite et à la poésie de laquelle je suis moi- même pris. »

La littérature, quel que soit son genre, est avant tout un écrit, illustré ou non. Le succès d'un livre peut conduire à son adaptation au grand écran. Mais la popularité de l'un ne garantit pas la reconnaissance de l'autre. De nombreux obstacles sont à prévoir et la difficulté réside dans le respect de l’œuvre originale au premier plan.

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac pro le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac Pro

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac Pro

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?